Billetterie

Entre le ciel et l’enfer

Tengoku to jigoku

de Akira Kurosawa , Japon , 1963

Actionnaire d’une grande fabrique de chaussures, Kingo Gondo (Toshirô Mifune) décide de rassembler tous ses biens pour racheter les actions nécessaires pour devenir majoritaire. C’est alors qu’on lui apprend qu’on a enlevé son fils et qu’une rançon est exigée. Mais second coup de théâtre, c’est le fils de son chauffeur qui a été enlevé…

Inspiré du roman d’Ed McBain Rançon sur un thème mineur (paru dans la collection "Un Mystère”), Entre le ciel et l’enfer présente, après L’Ange ivre et Chien enragé, le troisième aspect du film noir : la victime. Le film est véritablement scindé en deux parties. Tout d’abord, un huis clos dans la maison de l’industriel, sur les hauteurs de la ville. L’interrogation morale est posée : cet homme doit-il se ruiner pour l’enfant d’un autre ? Kurosawa fouille au plus profond des angoisses, menant une réflexion sur le sens du sacrifice. Puis, c’est la scène-clef du film – Kingo Gondo, ouvrant la fenêtre de la villa au petit matin, (re)découvre les bas-fonds de la ville – qui fait basculer le film dans sa seconde partie : la traque du criminel. Kurosawa fait alors descendre le spectateur dans la ville, la vraie, les quartiers déshérités, moites… Le film policier commence.


ENTRE-LE-CIEL-ET-L-ENFER

Avec Entre le ciel et l’enfer, Kurosawa s’interroge sur la morale et le capitalisme. Le film est d’une beauté plastique époustouflante, et sa mise en scène virtuose (telle la scène du train). C’est un film sur la recherche du double, ce criminel qui, dans un geste de révolte, décide de ruiner l’homme dont la maison est pour lui une provocation. Un film enfin sur la confrontation de deux mondes. Mais comme le souligne Yann Tobin, à propos de la scène de la prison : « Un rideau s’abaisse entre les deux hommes, et une vitre ne renvoie à Gondo que son propre reflet. […] Le ciel et l’enfer n’ont pas pu communiquer. » (Positif, n°461/462, juillet-août 1999)

Entre le ciel et l’enfer (Tengoku to jigoku )
Japon, 1963, 2h23, noir et blanc, format 2.35
Réalisation : Akira Kurosawa
Scénario : Akira Kurosawa, Ryûzô Kikushima, Hideo Oguni, Eijirô Hisaita, d’après le roman Rançon sur un thème mineur d’Ed McBain
Photo : Asakazu Nakai, Takao Saitô
Musique : Masaru Satô
Montage : Akira Kurosawa
Décors : Yoshirô Muraki Costumes : Miyuki Suzuki
Production : Ryûzô Kikushima, Tomoyuki Tanaka, Akira Kurosawa, Toho, Kurosawa Production
Interprètes : Toshirô Mifune (Kingo Gondo), Kyôko Kagawa (Reiko), Tatsuya Mihashi (Kawanishi), Tatsuya Nakadai (l’inspecteur Tokura), Takashi Shimura (le chef de la police), Susumu Fujita (le commissaire), Kenjirô Ishiyama (Taguchi), Isao Kimura (le policier Arai), Takeshi Katô (le policier Nakao), Tsutomu Yamazaki (Ginji Takechi), Yutaka Sada (Aoki), Koji Mitsui (le journaliste)

Sortie au Japon : 1er mars 1963 ;
Présentation à la Mostra de Venise : septembre 1963

FILM RESTAURÉ par Wild Side à partir de numérisations de la TOHO.
En avant-première de la sortie salle par Carlotta, qui commencera en mars 2016.
Les coffrets DVD de ces films sortiront à partir de fin octobre 2015.

 

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