Billetterie

Mean Streets

de Martin Scorsese , États-Unis , 1973

Quatre petits malfrats vivent de combines dans Little Italy. Parmi eux, Charlie (Harvey Keitel) traverse une crise spirituelle et se réfugie dans la religion pour trouver la voie du pardon. Son oncle, une figure bien intégrée dans le Milieu, doit lui permettre de gravir les échelons. Lorsque Charlie prend sous son aile Johnny Boy (Robert De Niro), un jeune délinquant endetté, ce dernier met ses projets en danger…

À la suite de Bertha Boxcar, John Cassavetes conseille à Martin Scorsese de revenir à ce qui le touche vraiment. Retour donc à Little Italy pour ce film, sans doute son plus autobiographique. Scorsese puise dans sa propre expérience pour faire revivre ce qu’était le quotidien de son quartier, sa communauté, ses valeurs, son énergie, sa vision de l’American dream et sa façon d’en découdre.

Alter ego du cinéaste, Harvey Keitel y est Charlie, marqué par deux relations fortes : celle, sexuelle, avec sa cousine Teresa, jeune femme épileptique, et celle, amicale, avec Johnny Boy, jeune chien fou, campé par De Niro, qu’il tente de protéger. Mais Charlie se sert finalement des gens en essayant de (se) convaincre qu’il les aide. Car « on ne s’acquitte pas de ses pêchés à l’église mais dans la rue ou chez soi ». À travers le parcours quasi christique de Charlie, Scorsese pose un des fondements de son cinéma futur : religion vs. gangstérisme.

Les mouvements de caméra portée ou fixée sur les acteurs donnent le sentiment d’urgence, d’angoisse et d’indiscrétion. La bande son ancre le film dans son époque, ce qui deviendra une des marques de fabrique de Scorsese. Celui-ci capte les comportements et, en excellent directeur d’acteurs, laisse une part à l’improvisation.


MEAN-STREETS

Parlant des personnages de Mean Streets, Michael Henry Wilson conclut : « Ce sont des possédés, mais leur folie renvoie, métaphoriquement, à celle de leur environnement. Aucune des approches traditionnelles, et surtout pas celle du documentaire, ne saurait en rendre compte. On ne raconte pas un cauchemar avec sérénité. On s’en délivre précipitamment ou on le transfigure en un opéra fabuleusement stylisé. » (Positif, n°170, juin 1975)



Mean Streets
États-Unis, 1973, 1h52, couleurs (Technicolor), format 1.85
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Martin Scorsese, Mardik Martin
Photo : Kent L. Wakeford Musique : The Rolling Stones, The Chantells, The Marvelettes, The Ronettes, Eric Clapton, The Shirelles, Cream…
Montage : Sidney Levin, Martin Scorsese
Costumes : Norman Salling
Production : Jonathan T. Taplin, Warner Bros., Taplin-Perry-Scorsese Productions 
Interprètes : Robert De Niro (Johnny Boy), Harvey Keitel (Charlie), David Proval (Tony), Amy Robinson (Teresa), Richard Romanus (Michael), Cesare Danova (Giovanni), Victor Argo (Mario), George Memmoli (Joey), Lenny Scaletta (Jimmy), Jeannie Bell (Diane), Murray Moston (Oscar), Robert Carradine (le jeune assassin), David Carradine (l’ivrogne), Lois Walden (la jeune fille juive), Harry Northup (le vétéran du Viêt-nam), Martin Scorsese (Shorty, le tueur dans la voiture), Catherine Scorsese (la femme du palier)

Sortie aux États-Unis : 14 octobre 1973 ;
Présentation au Festival de Cannes : mai 1974 ;
Sortie en France : 12 mai 1976
Interdit aux moins de 12 ans à sa sortie

FILM RESTAURÉ
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